De mai à juillet 2026, l’activiste mexicain Carlos Beas Torres, coordinateur de l’Union des communautés indigènes de la zone nord de l’isthme (UCIZONI) et délégué du Congrès National Indigène (CNI), vient faire une tournée en Europe. Le CNI, fondée en 1996 dans le sillage du soulèvement zapatiste au Chiapas, est une organisation de résistance des peuples indigènes de tout le Mexique. L’UCIZONI, créée en 1983 et basée dans l’Isthme de Tehuantepec (Oaxaca, Mexique), est une organisation de défense du territoire et des droits indigènes dans cette région. La tournée européenne du porte-parole Carlos Beas Torres a pour objectif d’informer de la situation actuelle du « Corridor Interocéanique », de la répression et de la militarisation dans la zone de l’Isthme de Tehuantepec, et plus largement au Mexique. Il s’agit aussi de tisser, par en bas, des alliances internationalistes pour défendre les territoires et renforcer les résistances des peuples indigènes du Mexique.
Depuis 2020, un mégaprojet industriel et logistique s’impose dans le sud du Mexique : le Corridor Interocéanique de l’Isthme de Tehuantepec (CIIT). Peu connu en Europe, ce mégaprojet concentre des enjeux stratégiques majeurs pour le développement économique régional et continental ainsi que pour la reconfiguration du commerce mondial. En assurant une liaison ferroviaire pour le transport de fret entre les océans Pacifique et Atlantique, le Corridor Interocéanique se projette comme une alternative ambitieuse au Canal de Panama. Des parcs éoliens industriels, des raffineries, des centrales thermo-électriques et des gazoducs défigurent déjà le territoire. Le projet en cours déploie de nouvelles infrastructures et de nouveaux flux qui intensifient la destruction du territoire et les menaces qui pèsent sur les communautés locales. Derrière les promesses de progrès, de modernité et de croissance verte vantées par les gouvernements mexicains de López Obrador (2018-2024) et de Sheinbaum (2024-) se cache la réalité violente de la spoliation, de la répression et de la militarisation qui affectent les peuples indigènes de l’isthme et garantissent la mise en place du CIIT.
Après une première étape au cours du mois de mai en France et Belgique, la tournée se poursuivra au Danemark, en Espagne, en Suisse et en Allemagne. À l’occasion de la grande mobilisation contre le mégacanal Seine-Nord-Europe du 9-12 Juillet, le « chantier du siècle », Carlos Beas Torres refera un crochet dans le nord de la France pour porter la parole des luttes de l’isthme et des peuples indigènes du Mexique et manifester sa solidarité avec les résistances locales contre les mégaprojets et pour la défense des territoires.
Ici aussi, les mégaprojets destructeurs sont à l’affût. Ainsi le projet E-CHO, projet délirant d’un pharaonique complexe industriel de production de « biocarburants », entend faire voler des avions en détruisant quantité de forêts et en s’accaparant l’eau du gave. Et bien sûr, le corridor de fret international que cache la réouverture de la ligne ferroviaire Pau-Canfranc, qui a pour objectif d’inclure la plateforme multimodale de Zaragoza, PLAZA, dans les logiques des nouvelles routes de la soie chinoises (BRI). Ici aussi nos territoires et nos destins sont menacés, sous couvert de « transition » et de « croissance verte ». Cette soirée est l’occasion d’inscrire nos luttes locales dans un combat planétaire contre la prédation du capitalisme partout dans le monde, et de construire des solidarités avec les luttes des peuples indigènes qui en sont les premières victimes.
Retrouvons-nous nombreux-ses le 20 mai à 18h30 au local de la CNT pour écouter et échanger avec Carlos Beas Torres ! Comme partout dans le monde, l’impératif capitaliste prétend mettre au pas la région et les populations de l’isthme. Ne lui laissons pas le luxe d’agir à l’abri des regards.
Non au Corridor Interocéanique de l’Isthme de Tehuantepec et à tous les mégaprojets destructeurs !
Vive les résistances et les rébellions des peuples indigènes !